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Le leadership au cœur des familles entrepreneuriales

Marie-Christine Bolduc
5 déc. 2023
5 min de lecture

En septembre dernier chez ORIA, a été lancé le premier parcours sur le leadership familial pour la communauté des familles entreprenantes. Étalé sur une période de 10 mois au gré de diverses rencontres animées, accueillant au total 7 femmes entrepreneures de deuxième, troisième ou quatrième génération d’une famille en affaires, celui-ci se veut un lieu d’échanges entre personnes qui partagent la même réalité. Un endroit d’accompagnement où les guides prônent le dialogue entre ces femmes qui tiennent un rôle d’influence un peu dans l’ombre auprès de leur famille en affaires et qui souhaitent démystifier comment le leadership familial aide les entreprises familiales dans leur pérennité. Un parcours où l’approche est humaine d’abord et avant tout, qui fait voir les choses plus profondément et où toute question est bonne à poser.

À travers cet article, vous ferez la rencontre de quelques-unes de ces grandes curieuses, ces personnes d’avant-garde qu’il est bon de faire émerger, et vous découvrirez un pan de leur histoire afin d’explorer l’impact du leadership familial.


Faisant partie de la quatrième génération, Marie-Christine Laflamme a rejoint l’entreprise familiale œuvrant dans le manufacturier il y a neuf ans. Elle a fait le saut dans sa jeune trentaine, elle qui vient pourtant des domaines du cinéma et des communications. Si Meubles South Shore a débuté en 1940 par une petite usine de jouets lancée par l’arrière-grand-père paternel, l’entreprise possède aujourd’hui plus de 1,4 million de pieds carrés d’espace de fabrication et de distribution partout en Amérique du Nord.


Étant impliquée dans la communauté de l’Espace ORIA depuis quelques années déjà, elle a rapidement senti l’appel de ce parcours sur le leadership. Elle définit d’ailleurs le leadership familial comme « l’élément qui nous distingue », puisqu’en tant que famille entrepreneuriale, on n’a pas le choix de garder un certain lien, une unité vu le partage de liens à la fois familiaux et professionnels. Marie-Christine ne se considère pas nécessairement comme une leader, mais plutôt comme quelqu’un qui en a les traits. Ce qui l’a par contre interpellée dans cette forme d’enrichissement, c’est le fait de rencontrer d’autres familles entrepreneuriales, d’entrer en contact avec des gens qui vivent la même situation et avec qui échanger. Elle souligne d’ailleurs mettre autant d’efforts à conserver ce leadership familial qu’elle met de temps à remplir ses fonctions de chargée de projet innovation.


Bien qu’elle n’ait commencé à suivre le parcours sur le leadership que depuis quelque temps, Marie-Christine en apprécie la forme et en reconnaît la nécessité : « Les gens disent souvent que les meilleurs deals vont avorter à cause de défis humains. Oui, c’est un investissement en temps et en argent, mais qui nous fait grandir énormément au bout de la ligne. »


Au sein de sa famille entrepreneuriale, Valérie Aubin se pare du titre de VP finances. En fait, elle s’occupe de tout ce qui est administratif, tant pour ce qui est de Construction Laval-Aubin que de Groupe Laval-Aubin, l’une spécialisée en construction commerciale et industrielle et l’autre se dévouant aux immeubles locatifs. Elle fait partie de la deuxième génération aux côtés de son frère et de sa sœur, qui ont tous bien voulu travailler dans les opérantes créées par leur père.


Pour elle, le leadership familial permet de maintenir une culture d’entreprise forte ainsi qu’un climat de confiance dans la famille en affaires. Et ce rôle, elle le qualifie de primordial pour le futur : « C’est ce qui crée le sentiment d’appartenance, qui pousse les autres générations à avoir le désir de s’impliquer. » Actuellement participante au parcours, elle a accepté avec intérêt l’invitation. « Pourquoi j’ai dit oui? Parce que j’ai à cœur la pérennité de l’entreprise. Le parcours ouvre les yeux sur ce rôle méconnu au sein des familles entrepreneuriales. »

Le parcours amène également de nombreux questionnements : « Pourquoi c’est moi qui le suis? Est-ce que l’équipe de l’Espace ORIA a vu quelque chose en moi, je ne sais pas. Est-ce que j’ai les outils, les capacités pour tenir ce rôle au sein de l’entreprise familiale? Une chose est sûre, c’est que ça m’intéresse et que pour l’instant, mon travail est de faire connaître ce rôle super important à ma famille. » Elle voit aussi le partage de cette mission de leader au sein de la famille : « Si ce n’est pas moi, c’est OK aussi. Pourvu qu’il y ait quelqu’un qui agit en ce sens dans l’entreprise. » Ce qu’elle retient de son expérience auprès des guides et des autres participantes est très positif. Comme le parcours d’accompagnement est en groupe restreint de femmes, elle croit que cela leur permet de mieux se comprendre et d’être plus aptes à s’ouvrir.


Même son de cloche pour Catherine Gendron, actionnaire depuis 2019 aux côtés de son père et de ses deux frères dans Groupe AGF, multinationale des structures d’acier : « Est-ce parce que nous sommes seulement des femmes? Est-ce que notre intelligence émotionnelle aurait de l’influence? Est-ce pour cette raison que les échanges sont si riches, si appréciés à travers ce parcours? Il se passe quelque chose en tout cas! »

Groupe AGF a été fondé en 1948 par son grand-père paternel. Celui-ci a été le tout premier au Canada à se spécialiser en acier d’armature, travail autrefois effectué par les hommes de construction. Aujourd’hui, l’entreprise est présente dans dix pays et est constamment en mode évolution : elle compte à sa tête quatre actionnaires, le père a cédé la présidence à l’un de ses fils, elle est passée à l’ère numérique, les enfants ont tous des enfants (la quatrième génération) qu’ils sont en train d’intéresser à continuer d’écrire cette histoire familiale.


On ne s’étonne donc pas de la définition que fait Catherine du leadership familial, elle à qui incombe ce rôle de catalyseur de réussite : « Il est important pour s’assurer que chacun aura son mot à dire. » Effectivement, si elle assume aussi bien son rôle d’influence, elle qui souhaiterait y consacrer encore plus de temps et d’énergie au fil des années, c’est pour faire bouger lentement la vision familiale. De la vue de la fenêtre des petits-enfants, Groupe AGF a été fondé par un père qui a vendu à son fils, qui vend à son tour à son fils. Ce n’est toutefois pas de cette manière qu’elle désire que l’histoire soit racontée : « Je souhaite plutôt faire comprendre aux plus jeunes que ce n’est pas un chemin tracé d’avance, que ça peut s’écrire autrement selon les rêves et les intérêts de chacun. Je veux que tout le monde voie le potentiel du patrimoine familial. Qui sait vers quoi on va se diriger… »

Si comme ces femmes d’exception, vous êtes curieux d’en apprendre plus sur le leadership familial, ou encore, vous avez une expérience à partager, écrivez-nous pour échanger à ce sujet.

 
 
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