L’écothérapie: Brasser des affaires avec sa mère Nature

Dans un monde hyperconnecté et numérique, un paradoxe émerge : jamais nous n’avons été aussi déconnectés, non seulement de nos proches, mais aussi de nous-mêmes. Le fossé se creuse à mesure que les moyens de communication se multiplient. Notre santé mentale se détériore aussi rapidement que les environnements s’aseptisent. Offrir sa qualité de présence à son interlocuteur est en voie d’extinction. Tout le monde en souffre, et nos familles en affaires n’y échappent pas.
Si l’entreprise dans laquelle j’ai le privilège de travailler s’appelle Espace ORIA, ce n’est pas par figure de style. Notre intention est littéralement de créer des espaces de dialogue, d’introspection et de co-construction. Des espaces sécuritaires où se dévoiler et se découvrir mutuellement. Ce n’est pas toujours évident à générer entre quatre murs et encore moins derrière nos écrans ! Alors, lorsque l’opportunité s’est présentée pour l’une de nous de se former en écothérapie, j’ai sauté sur l’occasion. Travailler en jouant dehors, c’est possible ?
L’Écothérapie: une connexion avec la nature
L’écothérapie est une forme d’intervention soutenue par et en partenariat avec la nature. Son postulat de base est que l’être humain fait partie de la nature, même s’il en vit la majorité du temps séparé, et que notre santé globale passe par une saine interaction avec elle. Plus nous sommes connectés avec la nature environnante, plus nous sommes aussi en connexion avec notre nature profonde.
À contrario, pensez à un animal vivant en captivité. Privé de son environnement naturel, il présente souvent des signes de stress et d’agressivité. Cette métaphore illustre bien notre situation actuelle : nous sommes soumis à une pression constante, entourés de distractions numériques. Les effets de cette déconnexion se manifestent par une augmentation de l’anxiété, des troubles de l’attention et de la fatigue mentale.
Intégrer la nature dans l’Espace ORIA
Dans l’Espace ORIA, nous tentons donc d’intégrer progressivement des pratiques qui visent à favoriser l’interaction avec la nature autour de soi et en soi. Cela commence par une modification de notre vocabulaire. Plutôt que d’utiliser un vocabulaire inanimé (ex. : avoir les batteries à terre), nous nous efforçons d’employer un langage du vivant (ex. : je fourmille d’idées). Vous remarquerez combien nous nous référons régulièrement à nous-mêmes comme à des robots. Pas étonnant d’avoir des attentes irréalistes envers soi et les autres !
Nous invitons également la nature au bureau. Notre panier d’éléments de la nature s’est invité chez quelques familles clientes, qui se sont prêtées au jeu de projeter leurs états d’esprit dans une plume, une fleur ou une pierre ! Et ce, avec des résultats étonnants ! Et que dire des compositions éphémères qui en résultent ! De la créativité à l’état pur.
Enfin, nous encourageons les appels en marchant, les repas sous le vent, les discussions sur le lac. Dans un cadre naturel, le stress s’apaise, et il devient plus facile de discuter de sujets fondamentaux tels que la continuité des affaires familiales. Les occasions ne manquent pas. Il ne reste qu’à les apprivoiser.
Et vous, quelle place occupe la nature dans votre quotidien ?



